Dans l'immense chambre peinte en gris perle, Sarah s'effondra sur une chaise devant le miroir de la commode. Elle regarda un instant son reflet dans le miroir, elle ne se reconnaissait plus. Où était cette jeune femme indépendante, dynamique, sûr d'elle?...
-Je ne pourrais pas me lancer avec Evy dans une gérance sans avoir derrière moi une sécurité financière, se dit-elle en se parlant à elle-même. Que dois je faire alors?... vendre la maison ou renoncer à ce projet?
Les questions affluèrent dans son esprit.
C'est les deux seules solutions que je vois se profiler à l'horizon, continua-t-elle à se dire en pesant le pour et le contre. D'une part, vendre cette maison serait comme la perte d'une partie de moi, tant de souvenirs sont imprégnés dans ses murs, soupira-t-elle. Se serait une page de mon enfance qui se tournerait définitivement.
D'un autre côté, je réaliserai un de mes rêves les plus secret qui m'aiderai à m'assumer personnellement.
Evy avait raison, j'ai peur! Sarah ne pouvait plus se voiler la face.
Que se soit dans le travail ou dans une relation durable avec un homme, j'arrive toujours à me défiler au dernier moment, constata Sarah. J'ai tellement érigé de barrières autour de moi pour faire fuir les gens qui m'entouraient que mon carnet d'adresse est devenu aussi désertique que le désert d'une carte postale oubliée au fond d'un tiroir.
Seul Evy avait réussi cet exploit, d'être restée. Était-ce un signe du destin?
J'ai trop compté sur le soutien financier de mon père, il est tant que les choses changent, dit-elle en se donnant du courage. Je ne vais pas rester seule toute ma vie.
Allez ma grande! il est temps de te bouger les fesses. Sarah se regarda une dernière fois dans le miroir en sachant qu'à ce moment précis elle était face à son destin.


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